Intégration des enfants nés hors mariage dans la société par Souhail Arfaoui
L’étude de la socialisation des enfants orphelins ou les enfants monoparentales a été toujours pour les sciences sociales un sujet très spécifique socialement et psychologiquement. Ces enfants abandonnés sont jugées et classés comme des enfants qui sont nés hors mariage. On note aussi le rejet de la société de ces enfants parce que le mariage est considéré comme l’institution qui va légitimer la naissance des enfants. Dans ce cas, la société élimine tout ce qui est non légitime et le juge comme une chose qui ne lui appartient pas. Ces jugements nous renvoient à la référence religieuse, la société le considère comme « un enfant du péché ».
Des orphelinats se chargent de la socialisation de ces enfants et de leur insertion dans le groupe puis dans la société. En général, la socialisation, c’est l’ensemble de cas relations qui lient un individu à son espace sociale, elle recouvre plusieurs apprentissages : linguistiques, cognitifs, symboliques. La socialisation, est comme la définit Durkheim : c’est l’éducation et l’action exercée par des générations mûres ; elles a pour objet de susciter et de développer chez l’enfant certains états physiques, intellectuels, et moraux que réclame de lui une société [1] . Dans les orphelinats les enfants se trouve dans un espace fermé qui a des effets néfastes qui peuvent heurter la socialisation des enfants, à ce titre citons l’exemple de la limitation de la langue, ou encore le bégaiement. Cette dualité de socialisation diffère selon le système ; selon Piaget c’est un processus de développement moral d’un enfant dépend de la nature du système d’interaction[2].
La socialisation en termes d’interaction diffère d’un enfant à un autre ; on note aussi l’importance d’un système interactionnel ; ce système est vu comme un ensemble d’éléments interdépendants liés entre individus tel que la modification d’un élément entraine la modification des autres.[3]
L’étiquetage des enfants « abandonnés », constitue une difficulté pour les institutions qui s’en occupent ; les familles ont toujours peur que leurs enfants entre en relation avec un abandonné comme si c’était une source de transmission de déviance et de violence qui se définit comme le non respect des modèles et des comportements socialement adaptés. La famille, dans la société est vu comme la première source de socialisation c'est-à-dire elle transmet tout le social avec ses normes et valeurs. Les notions du bien et du mal sont mise en évidence par la famille qui est le régulateur des normes pour faire adapter l’enfant. La société ne stigmatise pas l’enfant abandonné seulement mais aussi la mère célibataire qui est considérée comme coupable d’avoir enfreint ces normes et les avoir transgressées.
[1] E.Durkheim, Education et Sociologie, Paris , P.U.F , 1992
[2] R .Boudon et F.Bourricaud , Dictionnaire critique de la Sociologie , P.U.F , 3éme ed, Paris, 1997
[3] Dictionnaire de la Sociologie,Le Robert, Seuil.
Écrit par Souhail Arfaoui