Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Souhail Arfaoui / Writing Pad of Human Sciences

Culture aujourd’hui__(Introduction)_____Souhail Arfaoui

Souhail Arfaoui
Culture  aujourd’hui__(Introduction)_____Souhail Arfaoui

C’est dans une approche structuraliste que se situe la pensée de Claude Lévi Strauss et tout en s’inspirant des travaux de De Saussure sur la linguistique, Claude Lévi Strauss analyse les phonèmes de mythe et parenté ainsi que l’art en les considérant comme langue qui caractérise la société...

C’est avec Durkheim que les premiers germes de structuralisme ont commencé à voir le jour ; notons à ce propos son étude sur le Suicide dans lequel il avait traité sociologiquement le phénomène de suicide,il avait pris comme point de départ la société comme un objet à étudier et l’avait étudiée comme une « chose »,c'est-à-dire que la société a été réifiée dans son étude et principalement dans son étude sur le phénomène du suicide,et voit que le fait social exerce des contraintes sur l’individu.

De Saussure s’est intéressé à la linguistique et considère qu’il faut déterminer le rapport qui existe entre les mots et les signes, « La tâche du linguiste et de définir ce qui fait de la langue un système spécial dans des faits sémiologique » (1) « La langue et une chose conventionnelle…la langue est un système de signes expriment des idées comparable a l’écriture, a l’alphabet des sourds-muets aux rites symboliques » (2).

Nous constatons que le symbole est important dans le signe ; il fait véhiculer des sens. Dans cette perspective Claude Lévi Strauss se penche sur l’étude des phénomènes de mythes et parenté ainsi que l’art en les considérant comme des langages à travers lesquels s’exprime une société.

Strauss influencé par le structuralisme, a engagé son projet d’étude anthropologique sur l’étude des phénomènes sociaux tel que le mythe et la parenté en faisant apparaître les rapports arbitraires qui les unissent. Il a saisi les rapports qui donnent une signification aux phénomènes et analysé ceux qui paraissent désordonner et complexes mais relié à une structure et origines sociales bien figées et stable fonctionnant comme un système bien précis...

Système et structure :

Le système est « un ensemble d’éléments interdépendants c'est-à-dire liés entre eux par des relations telles que si l’une est modifiée les autres le sont aussi et que par conséquent tout l’ensemble est transformé »(3). Bien avant l’utilisation de la notion de système dans le domaine des sciences humaines la première utilisation de cette notion nous la trouvons dans les sciences biologiques puis elle se diffuse dans d’autres domaines politiques, économiques, culturels, et sociaux.La structure est toujours reliée au système. On ne peut pas parler de système sans parler de structure qui désigne les éléments stables d’un système, elle est changeante si le système change par la modification de ses éléments.Nous arrivons donc à déduire que le rapport entre notion de système et notion de structure et un rapport de synonymie ou presque.

Langue et sémiologie :

En usant de l’analyse de système de la langue et de la phonologie, qui a influencé les études anthropologiques de Strauss, l’anthropologie structuraliste cherche la structure latente et la signification de leurs éléments qui forment le système significatif. La sémiologie en tant que « science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale » (4), se base sur l’étude du signifiant et signifié dans la langue qui se définie comme infrastructure de la société. En phonologie, le phénomène n’acquiert une signification que s’il s’intègre dans un système.

Les sciences de la linguistique prennent comme objets d’étude première « Le mot » et le considère comme non significatif s’il n’est pas en rapport avec d’autres mots qui le précédent et qui le suivent. En appliquant ce type d’analyse à l’anthropologie le structuralisme refuse d’opposer le concret à l’abstrait ; Strauss a appliqué la méthode structuraliste en se référant à la phonologie de N.Troubetzkoi qui montre que les phonèmes sont, en fait, des membres d’un système qui mettent en évidence la structure. L’analyse n’est pas au niveau des termes mais au niveau des relations entre les termes...

Pour Strauss la structure est première dans l’analyse de l’ensemble et des principes qui règle le système symbolique et qui règlent le système symbolique et qui reflètent la culture de la société en général.

Ce qui nous laisse aborder la question de structuralisme aujourd’hui c’est la dévalorisation du monde caractérisé par l’affaiblissement des liens moraux et le changement des liens entre individus ce qui a réduit la cohésion sociale entre les gens, on parle donc d’une nouvelle naissance d’un individu rationalisé et multidimensionnel dont la représentation sociale a été substituée par la science.La science est devenue une créatrice de nouvelles doctrines et pensées ; elle crée de nouvelles images et représentation, élucidant notre idée par les changements des mythes et des croyances qui se déforment et incluent de nouveaux éléments dans le système vu l’évolution de la science.

Le mythe est un « système de communication, c’est un message » (5), l’aspect communicatif du mythe est toujours lié à un système de langue, de signes qui se déforment et par suite change le système.Le mythe est une langue dont use la société pour s’exprimer a subi une modification dans ses éléments qui le constituent, notons à ce propos l’individualisation qui s’oppose à l’holisme qui caractérise les société d’autre fois. Dans les sociétés primitifs caractérisés par la force des contraintes dans le système social, la création du mythe s’attache à la nature et part du fait qu’il y a un créateur à ce monde.

Le mythe est forcément lié à un événement passé qui explique le monde et s’est ancré dans l’inconscient de l’individu par le fait de croire, d’invoqué, et de ritualiser sa religion. De nos jours, le système de croyance a introduit un autre élément qui est entré dans la vie quotidienne ; c’est la science qui a causé ces changements de la création de « l’ombre » mythique « les donnés historiques et sociales constituent les enveloppes essentielles des mythes » (6)

A travers l’histoire un mythe change, se déforme et ne s’efface que rarement. Depuis le XVIII eme siècle, le mythe et la croyance cèdent la place à la conviction scientifique pour expliquer le monde, mais la pensée divine ou mythique demeure sacrée et vivace, l’émergence de l’industrie et les progrès scientifique qui visent a expliquer le monde en se référant à une démarche scientifique qui commençant par une observation du phénomène ensuite l’hypothèse puis l’expérience et finalement la découverte d’une loi scientifique qui devient universelle , s’est introduit dans la structure de la vie sociale ,d’où le passage de la nature à la culture .Ce passage et aussi lié à un accroissement démographique qui segmente la pensée mythique ainsi que la famille voire la relation de parenté.

On parle aujourd’hui de la famille nucléaire donc d’une structure restreinte de lien au sein du foyer, alors que dans les sociétés primitives on parlait de famille élargie. Dans son ouvrage intitulé « Le Totémisme aujourd’hui », Claude Lévi Strauss note que « Le passage de la nature a la culture a eu pour condition l’accroissement démographique mais celui-ci n’a pas agi directement, et comme une cause naturelle .Il a d’abord contraint les hommes à diversifier leur manières de vivre pour pouvoir subsister dans les milieux différents, et à multiplier leur rapport avec la nature. Mais, pour cette diversification et cette multiplication puissent entraîner des transformations techniques et sociales, il fallait qu’elles devinssent pour l’homme objet et moyen de la pensée » (7).

Certes, la mondialisation caractérisée par les progrès industriels et techniques ont unifiées les cultures mais restent à la recherche d’un refuge psychologique qui se veut être individuel et créé par l’individu lui-même ; le point sera mis sur la structure changeante dans le cadre de la vie puisque « La culture n’est ni simplement juxtaposée, ni simplement superposée à la vie en un sens elle se substitue à la vie » (8). On parle aujourd’hui du non sens de l’humanité qui occulte un sens en son non sens qui est l’éclatement de l’identité.

Bibliographie :

(1)E.Benveniste, Problèmes de linguistique générale I, Cérès, ed.1995, P : 48 (2)F.De Saussure, Cours de linguistique générale, ed.Payot, Paris, 1995, P : 33

(3)R.Boudon et F.Bourricaud, Dictionnaire critique de sociologie, Paris P.U.F ,3éme éd1997, P : 603

(4) F.De Saussure, Cours de linguistique générale, ed.Payot, Paris, 1995, P : 33

(5)R.Barthes, Mythologie, édition du Seuil, 1957, P : 181

(6)R.Caillois, Le Mythe et L’homme, éd. Folio essais, Gallimard, de l’académie française, 1938, P : 21

(7)C.Lévi Strauss, Le Totémisme aujourd’hui, Paris, PUF, P : 147

(8)B.Dantier,Structuralisme et rapport sociaux : « Claude Lévi Strauss et les structures élémentaires de la parenté »Extrait de Claude Lévi Strauss,Les structures élémentaire de la parenté ,Paris,La Haye ,Mouton et Maison de Sciences de l’Homme , 1967(1ére édition 1947),P : 7.(www.classique.uqac.ca)

______Article écrit par: Souhail Arfaoui_____

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires